Narrats: The Hurricane

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dimanche 6 janvier 2013

The Hurricane



« Mesdames et messieurs, veuillez accueillir, ce soir, M. Bob Dylan. »  Applaudissements  assourdissants. À genoux pour vénérer l’artiste, le public explose. Puis, doucement, le tonnerre se calme et s’éloigne peu à peu. Les musiciens s’installent alors que les lumières de la scène obscurcissent un peu plus le voile qui sépare les virtuoses des simples mortels. Le concert va commencer. Chuchotements dans la salle. Alors, dans le noir, le grésillement des premiers accords d’une guitare électrique s’élèvent au milieu des spectateurs, véritables pies et corneilles assemblées devant l’aigle américain. Fixant les hippies, les insoumis et les introvertis à genoux devant lui pour le vénérer, les yeux du prodige, cieux d’un bleu virginal, sont traversés par des éclairs de génie. Illuminant les existences fades et noires de ces oiseaux égarés, les deux iris, voilés derrière le mystérieux nuage d’une cigarette,  sont pourtant traversés de quelques éclats moqueurs. Comment pouvait-on vivre ainsi attaché à des liens pourtant invisibles qui, tels un piège à colombes, retenaient  ces êtres non pas au ciel, mais à la boue dont ils n’auraient jamais dû penser s’éloigner ? Insensible à la froide hégémonie de l’existence, l’enchanteur observait alors ces hommes qui, tels un parc délaissé par des enfants, remplissaient leurs soirées solitaires d’une musique à laquelle ils n’auraient jamais accès ni de près, ni de loin. Comme si les douces notes d’une guitare pouvaient aussi bien mener aux hommes absurdes qu’aux chemins libres !

* texte écrit dans le cadre du cours de français

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