Aujourd'hui, le Québécois n'est plus un marchand de fourrures, un porteur d’eau ou un scieur de bois mais, étrangement, rien n'a vraiment changé quand on y pense. Le Québécois, pris à la gorge entre deux gouvernements, est un persévérant qui bûche et bûche à la sueur de son front pour engraisser le gouvernement fédéral qui, lui, frappe sans cesse sur la nation québécoise dans
le but de la voir disparaître -nation qui, d'ailleurs, se trouve dans
l'impossibilité d'assumer pleinement son statut d'état souverain ou, au
contraire, de peuple assimilé à tout jamais-. Toutefois, l'indépendance pourrait
amener le Québécois à enfin se libérer de cet abject néo-colonialisme politique, économique et culturel auquel on l'a soumis
de force. L'expression « être maîtres chez nous » prendrait alors un sens total, car le Québec deviendrait, dans son envolée, un pays géré par
lui-même pour lui-même, libéré de son état inerte dans lequel colonialisme rime avec patriotisme et où nation rime avec abjection. De plus, le Québécois ne serait plus alors une statistique électorale dépourvue d'esprit, comme semblent le penser plusieurs de nos élites
politiques, mais un individu capable d'assumer pleinement son existence alors éclairée, éclairante. L'indépendance serait davantage: elle serait
la reconnaissance complète de la langue française, langue qui a été trop souvent menacée au cours « des siècles de l'hiver » et qui l'est encore fatalement aujourd'hui. Je me souviens, nous nous souvenons, entre autres, de tristes jours pour la nation québécoise, tels que la déportation de milliers
d'Acadiens chassés de leur maison comme des va-nu-pieds, le rapport méprisant de Lord Durham, la pendaison injuste de Louis Riel et les mandats d'arrêt arbitraires du gouvernement Trudeau lors de la crise d'octobre.
De plus, aujourd’hui, plusieurs étudiants québécois et moi-même croyons que la plus grande menace qui pèse sur notre identité nationale est le manque de culture criant chez la jeunesse québécoise. Bien sûr, il y aura toujours des jeunes intéressés, curieux,
ouverts d’esprits et cultivés mais, tout de même, plusieurs cas inquiètent. De ce fait, cette ignorance populaire et ce cynisme collectif ont alimenté et continuent toujours d'alimenter de nombreux préjugés concernant l'indépendance du Québec. À présent, et de manière de plus en plus marquée, un certain désabusement chez plusieurs jeunes
envers la souveraineté se fait sentir, comme si l'indépendance québécoise
n'était qu'une vieille querelle désintéressée entre les deux éternelles solitudes, comme si ce projet émancipateur ne valait pas la peine qu'on lui
accorde la chance qu'elle attend depuis des années. Malgré tout, que l'on
veuille de l'indépendance ou non, cette lutte pilier de l'histoire nationale ne cessera d'exister tant que le
Québec ne sera pas devenu un État souverain. Or, il
existe une toute autre alternative au débat : une agonie douloureuse et lente, une agonie où on verra la langue française s'éteindre progressivement en Amérique, une agonie qui se
résume par la mort de la population québécoise et de tous les rêves qu'elle aura enfantés. Toutefois, dans cet avenir incertain, c'est notre génération qui, une fois informée, peut prendre
le flambeau et poursuivre la quête de liberté si profondément
ancrée dans notre histoire, si l'on ne veut pas voir l'avenir du peuple québécois se
résumer à un triste mot :
FIN

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