Il était là, entre les voix d'un Lennon exalté et d'un McCartney empanaché, dans une chanson de coeur cependant bien fade et artificielle, bien avant que les années indiennes ne viennent réajuster le gouvernail d'un bateau étiqueté au marketing et à l'argent. Comme si la musique devait être le partenaire financier du dollar !
Et pourtant, quelque chose avait retenu l'attention de l'enfant sauvage. Une étincelle, une lumière dans toute cette boue commerciale. Comme si ce jeune homme affublé d'une Gretsch avait autre chose à offrir qu'une simple mélodie à faire tomber les petites filles. Comme si lui-même, écoeuré de toute cette élite de la crasse, de ces pleurnichards bourgeois aux quatre coins de la terre, de ces gamins égocentriques en manque d'attention, de cette hypocrisie ordurière que l'on ne cesse d'adorer, n'avait jamais voulu de cette vie matérialiste, athée, païenne.
Il était là, l'embryon de cet homme qui deviendrait, des éternités plus tard, le sitariste du samedi soir.
Et, depuis cette chanson, il n'a plus jamais quitté l'enfant sauvage.

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