Narrats: février 2013

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jeudi 28 février 2013

Erreur de fabrication


Il est si difficile de vivre dans ces sociétés où les savants médiocres ont remplacé le savoir, où les cons ont remplacé la conversation et où les révérences ont remplacé le rêve. Comme si l'individu devait être analysé, disséqué, arrangé. Réparé.

Pourtant, j'aimerais bien qu'on me répare moi aussi. Oubliée dans la vomissure des égouts et des rats, je suis l'un de ces nombreux jouets qu'on a flushé à la toilette pour erreur de fabrication. C'est vrai ... Parmi les barbares, j'avais oublié qu'il ne fallait pas penser. Ne surtout pas penser. Sinon ils te mettront à la guillotine. Les pensées, une autre de ces monstruosités que l'on fabrique avec l'esprit.

dimanche 3 février 2013

Albert Camus


En une vaste étendue
Existe une divinité algérienne
Aussi sauvage que les dunes sahariennes
Un Albert Camus.

Cet enfant des mots et des mirages
Sur les pages de la vie et des choses
Pour que l'on pare la révolte des plus belles roses
Parle de ces hommes au servage, 
De ce moderne esclavage
Et de ces aubes trop rouges.

Ah ! Que son encre coule, toutes, toutes les gouttes !
Pour me faire oublier la tristesse des jours hideux
Et alors que Vian se dit souffrant et Sartre nauséeux
Camus fausse de sa plume cette individualiste route.

Le sitariste du samedi soir

Il était là, entre les voix d'un Lennon exalté et d'un McCartney empanaché, dans une chanson de coeur cependant bien fade et artificielle, bien avant que les années indiennes ne viennent réajuster le gouvernail d'un bateau étiqueté au marketing et à l'argent. Comme si la musique devait être le partenaire financier du dollar !

Et pourtant, quelque chose avait retenu l'attention de l'enfant sauvage. Une étincelle, une lumière dans toute cette boue commerciale. Comme si ce jeune homme affublé d'une Gretsch avait autre chose à offrir qu'une simple mélodie à faire tomber les petites filles. Comme si lui-même, écoeuré de toute cette élite de la crasse, de ces pleurnichards bourgeois aux quatre coins de la terre, de ces gamins égocentriques en manque d'attention, de cette hypocrisie ordurière que l'on ne cesse d'adorer, n'avait jamais voulu de cette vie matérialiste, athée, païenne.

Il était là, l'embryon de cet homme qui deviendrait, des éternités plus tard, le sitariste du samedi soir.

Et, depuis cette chanson, il n'a plus jamais quitté l'enfant sauvage.