Aujourd'hui, le grand chêne ne s'immobilisait point, et cela me fit triste. Assise dans les herbes agitées, j'ai observé ce monument de vie, qui inspire et expire l'essence à grandes goulées, soufflant sa brise d'existence vers ce ciel bleu, si bleu.
Puis, je me suis mise à pleurer. De joie ? De peine ? Je ne saurais le dire. Jamais, auparavant, je n'avais saisi ce que voulait dire le mot exister. Était-ce donc cela, cette indéniable certitude ? Était-ce donc cela, ce moi ? Ce je que l'on crie sur tous les toi ?
Mais maintenant, je sais. La planète tourne toujours sans moi, mais qu'est-ce que cela peut bien me faire à présent ? Je sais très bien qu'elle se meut, mais pourquoi m'essoufflerais-je à capturer les secondes en retard ?
Au terme, le temps les transpercera de ses aiguilles froides.

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