Narrats: Vie

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jeudi 13 septembre 2012

Vie

Aujourd'hui, le grand chêne ne s'immobilisait point, et cela me fit triste. Assise dans les herbes agitées, j'ai observé ce monument de vie, qui inspire et expire l'essence à grandes goulées, soufflant sa brise d'existence vers ce ciel bleu, si bleu. 

Puis, je me suis mise à pleurer. De joie ? De peine ? Je ne saurais le dire. Jamais, auparavant, je n'avais saisi ce que  voulait dire le mot exister. Était-ce donc cela, cette indéniable certitude ? Était-ce donc cela, ce moi ? Ce je que l'on crie sur tous les toi ?

Mais maintenant, je sais. La planète tourne toujours sans moi, mais qu'est-ce que cela peut bien me faire à présent ? Je sais très bien qu'elle se meut, mais pourquoi m'essoufflerais-je à capturer les secondes en retard ?

Au terme, le temps les transpercera de ses aiguilles froides.

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