Narrats: juin 2012

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vendredi 15 juin 2012

La Humane Passioni

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Je t'enseignai l'art de la partition, mon fils
Musique à laquelle tu resteras conquis
Et viendra un temps où l'on vantera tes harmonies
Alors Antonio, mon enfant, tu t'émouvras aux violons de jadis
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Dans le clavecin d'antan dont les parfums jaillissent
Puisses-tu toujours trouver la joie aux jours des notes éplorées
Et lorsqu'il se fera tard dans les concertos de la soirée
Antonio, mon enfant, tu t'émouvras aux violons de jadis.

jeudi 14 juin 2012

Les bébittes



I. LA CONQUÊTE


Les bébittes rentrent dans la maison. Elles s'infiltrent. Aucun repos. Aucune pitié. Des monstres démiurges de tourments. Des hydres dévoreurs de mythomanie. Elles se faufilent dans le plancher, elles se faufilent dans les murs, elles se faufilent dans la lumière, elles se faufilent partout. Elles se faufilent même jusque dans mes chaussettes, créatrices de fourmis et de convulsions. Mais cette fois-ci, ce n'est point passager.

C'est l'invasion
Arrachez-moi à moi
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C'est l'occupation de ma volupté. Je n'y vois rien. Les bébittes m'ont arraché les paupières, et je n'ai que des yeux qui ne voient sans réellement voir. Goût du sang plein les dents. Veinules en crépitation. Cartilages en dépravation. Rêves encellulés. Et il fait noir. Terriblement noir. À présent, je n'ai, comme seul mentor, qu'une olfaction maladroite et incertaine. Pourtant, mon infirmité ne m'empêche point de flairer le fumet des sots qui coule dans les assiettes du peuple tel un venin.
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Idiotie, point d'humanité.

lundi 11 juin 2012

L'échappée

L'été éclot dans le printemps qui exhale. Sous le soleil torride qui fait étinceler son petit sac, l'enfant court. Tout rieur, il trottine vers le parc, orteils saturées de fourmis, fourbures dans les jambes, coeur ébloui de félicités. Envieux, les soporifiques Doyens le contemplent. Ils observent l’écolier sauter les clôtures de la cour du collège, traverser les épais grillages, abattre les barrières de la civilité. 




Ces barrières qui n'ont cessé
De faire croître son coeur sur les heures de l’ennui
Ces barrières qui l'ont affriandé de factices théories
Et de feintes espérances
Ces barrières qui l'ont retenu l'instant d'une enfance.

Avant d'être fugitif, il était niais.