Sèche tes larmes, elles perlent sur ma peau à présent, contaminant mon âme de cette amertume universelle. De la courbe de mes joues jusqu'à la pointe de mes pieds, elles forment un fleuve exquis où se mélangent toutes les peurs du monde. Bientôt, je me suis retrouvée à nager dans ce torrent aux âcres contrastes. Telle l'humanité en plein combat pour la vie, je me suis débattue dans ton âme jusqu'à en perdre mes sensations. On s'agite parfois tellement que l'on oublie la raison d'être, la raison inouïe pour laquelle on se démène si ardemment. Puis, parfois fatiguée, je me suis laissée flottée sur le dos, les yeux rivés vers cette voûte aux infinités bleues, l'esprit en suspension dans les nuages aux multiples facettes. J'ai longuement ainsi été fixée par l'oeil de Dieu, pour finalement réaliser que je n'en avais cure de son jugement inaltérable. Mon salut dans ma poche, j'ai recommencé ma nage, m'arrêtant parfois sur un rocher pour remplir ma tête de questions philosophiques auxquelles je ne pouvais répondre. Alors, je me suis lassée. J'ai bêtement continué à agiter mes membres engourdis par cette quête existentielle, le coeur et les rêves mis en terre. Puis, j'ai compris.
Sèche tes larmes. Ouvre tes paupières, et réalise que cet être bien aimé n'est qu'un corps de plus à mourir pour qu'éclose la vie après lui. Pleure pour l'Homme, crie pour l'Homme, espère pour l'Homme. Il n'est que folie, il n'est que pêché, il n'est qu'Homme. L'humanité nait déjà mourante. Elle s'éteindra dans son auto-destruction, contaminée par sa soif d'inlassable grandeur.

L'un de mes préférés parmi tes textes, alliant sentiments déchirants et pragmatisme inévitable
RépondreSupprimermerci du compliment, j'apprécie beaucoup
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