La solitude ronge mon âme jusqu'à la dernière bribe. Vos yeux scrutateurs la corrodent, l'oppressent dans leurs étreintes saboteuses. Vos regards inquisiteurs psychanalysent le plus profond de moi-même, vos langues fourchues violent les frontières de mon esprit et envahissent mon imagination de chimères obscures. À présent, vous me heurtez violemment, vous ébranlez mes fondements ingénieux à coups de conformisme, vous me noyez dans vos déluges de vilenies et je suis devenue, dès lors, l'ombre de mon ombre. Contaminée par votre vanité, je ne suis désormais plus qu'une esquisse des peintures surréalistes qui fleurissaient autrefois dans mon génie, plus qu'un fantôme errant dans les corridors silencieux d'un esprit morne. Et j'ai peur, profondément peur. Ce n'est pas encore complètement noir, mais ça ne devrait pas tarder.
J'aperçois déjà la lune qui me fait des signes de la main avant que le soleil ne dorme. Elle est là, dans l'obscurité, tel un phare guidant les naufragés. La mère de la nuit m'appelle, elle me chuchote des mots doux qui apaisent mon coeur de colombe apeurée. Viens sur le côté sombre, me murmure-t-elle. À présent, mes pieds se libèrent de leurs chaînes sociétales, ma pensée se berce doucement au gré de la douce lumière des météores. Je capture les étoiles au creux de ma paume, je les sens, telles des boules charnelles réconfortantes ranimant mes songes desséchés par la vie. Bien que mes yeux ne voient sans réellement voir, bien que mes mains ne frôlent sans toucher, j'ai toujours la liberté gardée dans le plus profond recoin de mon âme, là où s'accumulent les petites cendres essentielles à la survie. Même encore dans le plus sombre des abîmes, les déchets de mon âme me tiendront compagnie.
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