Narrats: juillet 2012

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samedi 28 juillet 2012

Le nomade toilé

Le soleil alors que l'aube éclate fait briller le pinceau argent du peintre et l'outil à la main, il voile le bonheur et la tristesse. Entre merdes et trésors, l'artiste de la rue peint les touts et les riens. Alors qu'il se cloue à sa toile, la vie ne semble pas encore l'avoir caressé de sa froide hégémonie ; il semble être un observateur indifférent à toute loi naturelle du monde, intouchable.

Et junkies, hippies, insoumis ; tous se massent vers le génie du Messie.



© Peinture d'Alejandro Boim, peintre de la rue

vendredi 20 juillet 2012

Les temps odieux



Ce matin-là, j'avais longuement maraudé sans savoir si j’en avais réellement envie. Errant négligemment dans les rues humectées de la métropole, j’avais désespérément souhaité que mes pas m’amèneraient vers un endroit insolite, mais il n'en fut jamais ainsi. Malgré mes vingt ans, j’étais beaucoup plus âgé que je n'en avais l’air. J’étais un être rationnel et calculateur ; je détestais que l'aventure ne débouche que sur le hasard, sinon, elle implosait. Aliéné dans ma si grande connaissance de la vie, je n’étais qu’un jeune astronaute qui n’avait jamais vu les étoiles. Et, plus ignoble encore, je n'avais pas le courage de moi-même.

Parfois, il m'arrivait de regarder les gens, mais je n'apercevais que le néant ; je voyais tout ce qu'ils étaient et tout ce qu'ils tendaient à devenir. Et les aspirations du peuple me répugnaient au plus haut point.

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Aux temps odieux, je n'étais qu'un petit aristocrate insolent et présomptueux qui, affublé d'une jolie redingote, n'avais jamais connu la belle époque.